Street Fighter II
Année de production : 1994
Scénario : Ken’ichi Imai, Gisaburo Sugii
Character design : Shuko Murase
Directeur de l’animation : Minoru Maeda
Musiques : Yuj Toriyama, Tetsuya Komuro (VO), John d’Andrea, Cory Lerios (VF)
Réalisation : Gisaburo Sugii, Naoto Hashimoto
D’après le jeu vidéo Street Fighter II de Capcom

Le redoutable Bison, dirigeant de l’organisation criminelle Shadow Law projette de conquérir le monde. Non seulement il est épaulé par trois redoutables combattants qui sont ses hommes de main, en l’occurrence Balrog le boxeur, Vega le Ninja Espagnol et Sagat le champion de boxe thaïlandaise, mais en plus il a recours à des cyborgs observant les moindres faits et gestes de plusieurs combattants émérites de par le monde.
Une fois qu’il a repéré les plus puissants d’entre eux, il les capture afin de leur laver le cerveau pour qu’ils soient de simples marionnettes obéissant à ses moindres faits et gestes.

Une de ses victimes à en avoir fait les frais est Cammy White agente du M16 qui a été engagée par Bison afin d’assassiner Albert Sellers, le ministre de la justice Britannique, mission qu’elle mène à son terme.


Cependant, elle se fait peu après capturer par les forces de l’ordre Britanniques.

Peu après, nous voyons Chun Li une des meilleures agentes de Interpol informer son chef de la capture de Cammy et qui informe son supérieur hiérarchique du mode operandi du cartel de Shadow Law et lui annonce qu’ils feront un partenariat avec les forces armées Américaines pour tenter de démanteler cette organisation criminelle et mettre un terme aux noirs desseins de Bison.

Pour se faire Chun Li travaillera en étroite collaboration avec le lieutenant Guile afin de concrétiser leurs objectifs communs…

Par ailleurs, Bison veut capturer Ryu, un karatéka extrêmement fort qui a réussi le tour de force de vaincre Sagat. Ryu arrivera-t-il à échapper aux griffes du chef de Shadow Law et contrecarrer ses folles ambitions ?

A ce sujet, Ryu a déjà du combattre le redoutable Sagat, champion de boxe Thaïlandaise il y a de cela quelques années et qui devint l’un des hommes de main de Bison par la suite. Ce fut un combat de longue haleine et c’est grâce à son Sho Ryu Ken (qui laissa une énorme cicatrice sur le torse de son adversaire) et son Hadoken (boule de feu) qu’il put avoir raison de lui…

Faut-il encore présenter Street Fighter II ?
En son temps, il fut LE meilleur jeu de baston de son époque qui constitua une véritable révolution dans l’histoire des jeux vidéos. Si le premier opus sorti en 1987 ne marqua guère les mémoires, il en fut tout autrement pour sa légendaire suite.
Tout d’abord, le jeu vidéo nous permettait d’incarner 8 personnages différents : Ryu, Honda, Blanka, Guile, Ken, Chun Li, Zangief et Dhalsim ce qui était du jamais vu en ce temps là. De plus, chaque personnage avait ses aptitudes et compétences spécifiques : certains d’entre eux bénéficiaient d’une force physique impressionnante, d’autres se démarquaient par leur vitesse inouïe… Chacun d’entre eux avait des atouts qui leur étaient propres… à l’exception toutefois de Ryu et Ken qui avaient des coups identiques (néanmoins, ils auront des coups distincts dans les versions suivantes améliorées du jeu).
Par ailleurs après avoir défait les sept autres adversaires, le joueur devait ensuite affronter et vaincre Balrog, Vega, Sagat et Bison pour connaitre le dénouement du jeu, chaque personnage ayant sa propre fin, rallongeant ainsi considérablement la durée de vie.

Cependant, si le jeu est passionnant seul, il prenait toute sa dimension quand deux joueurs s’affrontaient l’un contre l’autre, donnant lieu à des parties exaltantes où chacun(e) devait rivaliser d’ingéniosité et anticiper les assauts de son adversaire pour mieux contre attaquer ensuite.
De plus le charisme de l’ensemble des personnages ld gigantisme des sprites, l’animation brillante, les musiques extraordinaires, la jouabilité remarquable et la difficulté ardue mais pas insurmontable concourir à faire de Street Fighter II une véritable superproduction de son temps ainsi qu’un jeu vidéo incontournable.
La borne d’arcade Street Fighter II the World Warrior a été un véritable succès triomphal lors de sa sortie en 1991, mais l’engouement du public pris encore plus d’ampleur envers le jeu quand il fut adapté sur les consoles de salon.

La version Super Nintendo sortie en 1992 devait l’un des plus grands hits de la console 16 bits de Nintendo ainsi que l’une de ses plus grandes ventes.
Pour ma part, ma soeur et moi, nous avions découvert Street Fighter II via la borne d’arcade originale en 1992 qui était au supermarché de Géant Casino dans la ville de Mezzavia en Corse. Nous nous étions éclatés dessus à multiple reprises. 😀 Son personnage de prédilection a été Chun Li tandis que pour moi, ce fut Blanka.

Cependant, nous avons été au nirvana quand nos parents eurent la gentillesse de nous offrir Street Fighter II Spécial Champion Edition sur notre Megadrive, une version qui nous permis d’incarner en plus des huit personnages initiaux les quatre boss. Ce beau cadeau de nos parents nous comblèrent de joie, ce fut un bonheur indicible d’avoir ce chef d’oeuvre du Beat Them Up sur la console 16 bits mythique de Sega 😀 .
Mais revenons à présent au long métrage d’animation cinématographique.

Kenzo Tsujimoto, fondateur et patron de Capcom, ébahi par le succès exceptionnel de Street Fighter II désira ardemment capitaliser sur cette franchise en devenir.
Il avait pu constater que les adaptations animées télévisées des jeux vidéos Super Mario Bros et Zelda , remportèrent un certain succès (malgré les qualités discutables de ces séries animées télévisées) et voulait prendre exemple sur Nintendo.
Mais il décida de faire les choses en grand : il voulait que Street Fighter II soit adapté au cinéma dans un film d’animation de grande envergure qui attirerait non seulement les fans du jeu vidéo mais aussi les spectateurs néophytes.

La mise en scène fut confié au talentueux réalisateur Gisaburo Sugii à qui l’on doit les adaptations animées télévisées remarquables de Touch/Théo ou la Batte de la Victoire, Hiatari Ryôko/Une Vie Nouvelle d’après les manga éponymes de Mitsuru Adachi, la série animée originale Glass no Kamen/Laura ou la Passion du Théâtre tirée du manga de Suzue Miuchi ou encore le très beau long métrage Train de Nuit dans la voie Lactée.


Par ailleurs il fut épaulé dans sa tâche par deux experts en arts martiaux : Kazuyoshi Ishii fondateur du groupe K-1 et Andy Hug qui supervisèrent la chorégraphie des combats du long métrage.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les combats émaillant le film sont si réussis.

A ce titre, l’affrontement dantesque ayant opposé Ryu à Fei Long (ouvertement inspiré du grand Bruce Lee) est un véritable joyau : la gestuelle de chacun des deux combattants est d’un réalisme saisissant, car nous avons la sensation de voir deux experts réels en arts martiaux se battre l’un contre l’autre, la gestuelle de chacun d’entre eux lorsqu’il s’assènent des coups normaux étant franchement épatante !

Par ailleurs, le film a bénéficié d’un budget confortable et le résultat saute aux yeux lors de notre visionnage de l’oeuvre.

Le character design de Shuko Murase est absolument magnifique et est très fidèle au design des personnages du jeu vidéo mais dans un style plus réaliste.
L’animation quant à elle est d’une fluidité exceptionnelle et ne connait absolument aucune fluctuation au cours du film et demeure résolument homogène.


Quant aux décors, ils sont d’une beauté sidérante et nous donne parfois l’impression qu’ils sont tirés d’un film live, tant ils sont très détaillés et soignés.
Cependant, bien que le film soit jalonné de plusieurs duels épiques, le récit laisse néanmoins le temps à plusieurs des protagonistes de souffler et de « vivre ».

Ainsi nous voyons Ken le rival et meilleur ami de Ryu passer plusieurs moments heureux auprès de sa fiancée bien aimée Eliza, démontrant qu’il ne consacre pas exclusivement sa vie aux arts martiaux. Il demandera par ailleurs à l’élue de son coeur sa main…

Ken Masters est par ailleurs un homme décontracté et cool : si il est très exigeant envers lui même en tant que combattant, il sait prendre le temps de s’amuser, il roule en Porsche et ne délaisse pas sa vie privée.

Il devra toutefois faire face au colossal Thunder Hawk à Seattle aux États Unis qui le défie afin de pouvoir remporter le titre de champion. Après un âpre combat, Ken finira cependant par le vaincre en employant le Sho Ryu Ken (Dragon Punch).

Ryu lui est beaucoup plus introverti et taciturne : c’est un solitaire qui vit au jour le jour et est un peu « dans sa bulle », se consacrant pleinement à son art, ne se tenant guère au courant de l’actualité. C’est par exemple Fei Long qui lui apprit l’existence de Shadow Law dont il n’entendit jamais parler jadis.


Cependant, il n’est pas égoïste pour autant : quand il arriva à Calcutta en Inde, il percuta accidentellement une petite fille qui amenait du lait à sa mère désoeuvrée.

Assez embarrassé d’avoir causé ce souci à cette enfant, Ryu dédommage la petite fille et rembourse intégralement cette dernière afin qu’elle puisse racheter du lait lui permettant à elle et à sa mère de se sustenter…
Ceci démontre que Ryu est un homme qui a un coeur, sait être empathique et assume ses responsabilités.

De plus, le film est jalonné de quelques flash back dédiés à la jeunesse de Ryu et Ken où tous deux étaient entraînés par leur maitre Shen Long/Gouken.
Ils nous montrent que non seulement ils s’affrontaient régulièrement l’un l’autre, mais aussi leur indéfectible amitié qui les lie et le respect mutuel qu’ils éprouvent l’un envers l’autre. A ce sujet dans le temps présent, ils caressent l’espoir de se revoir, ce qui arrivera lors du climax…


Toujours au sujet des relations entre les protagonistes principaux, Chun Li est d’abord souriante et amicale quand elle se présente à Guile alors que celui-ci s’avère être froid et distant. En effet le GI est consumé par la haine car Bison a assassiné son meilleur ami Charlie Nash et est déterminé à l’occire et refuse que quiconque s’interpose dans sa vendetta…

Ce qui n’est pas sans susciter l’ire de Chun Li, exaspérée par le tempérament borné de l’Américain !

Quelques temps plus tard, la belle Chinoise retrouve le GI Américain et tente de lui faire entendre raison et insiste pour qu’il s’associe avec Interpol. Guile n’en fait cependant qu’à sa tête et décide d’attaquer la jeune femme… qui évite avec aisance ses coups !


Néanmoins celle-ci met un terme à leur duel en se confiant à son interlocuteur en lui déclarant qu’elle se réservait Bison car ce dernier a tué son père… Mais qu’elle ne laisse pas sa haine la consumer de l’intérieur et conserve un véritable professionnalisme ainsi que son sang froid pour mener à terme son but.

Guile abaisse sa garde et dès lors qu’il découvre que sa future partenaire a connu une tragédie similaire à la sienne et comprend par conséquent cette dernière ce qui la pousse à agir ainsi. Il aura ensuite au fil du récit des rapports plus cordiaux et amicaux avec elle…

La caractérisation de Chun Li est par ailleurs tout à fait remarquable dans le film. Non seulement elle est belle, intelligente, rigoureuse dans son travail et a les pieds sur terre, elle sait également se montrer souvent joviale et faire preuve d’humour de temps en temps… Ce qui est fidèle à sa personnalité originelle du jeu vidéo où elle est sérieuse la majeure partie du temps mais pouvait se montrer drôle et délirante comme quand elle laisse éclater sa joie lors d’une victoire et pousse son culte « YATTA ! » ^_^

C’est d’ailleurs ce qui constitue l’une des forces du long métrage : les protagonistes principaux ne sont aucunement unidimensionnels, chacun d’entre eux ont une personnalité à multiple facettes et se révèlent très humains.

Guile par exemple parait de prime abord austère, macho et colérique, mais peu à peu, nous découvrons qu’il est beaucoup plus sensible qu’il n’y parait et s’attachera de plus en plus à Chun Li. Il acceptera aussi pleinement la coopération d’Interpol en tenant compte de l’avis des membres de cette organisation tout en leur prodiguant la stratégie adéquate à adopter afin de neutraliser Shadow Law.
Les personnages principaux sont par ailleurs Ryu, Ken, Chun Li et Guile et l’antagoniste principal n’est nul autre évidemment que l’imposant et démoniaque Bison.
Pourtant le film réussit le tour de force d’inclure les 16 personnages du jeu vidéo Super Street Fighter II the New Challengers , chacun ayant son moment de gloire et aucun n’est délaissé même si plusieurs d’entre eux ne sont pas aussi développés que les héros, même si leurs personnalités respectives sont respectées.

Le film par ailleurs se montre très cohérent vis à vis des aptitudes et compétences des combattants du jeu.

Par exemple, quand Honda le sumotori serre contre lui Dhalsim le Yogi, ce dernier est en mauvaise posture à ce moment là, son adversaire étant beaucoup plus fort au corps à corps.

Pourtant dès lors que Dhalsim échappe à son étreinte, le Yogi prend l’ascendant sur son opposant : l’allonge de ses coups et sa faculté à se téléporter donne bien du fil à retordre à ce dernier !


Honda ne devra son salut qu’à la présence de Ryu dans le public qui déconcentra Dhalsim et qui permit au sumotori de renverser l’issue du combat et de remporter la victoire après que l’Indou ait jeté l’éponge.

D’ailleurs Honda témoignera sa reconnaissance à Ryu en partageant ses gains avec lui. Même si Ryu estime qu’il n’est pour rien dans la victoire de Honda, cela prouve que celui-ci sait être reconnaissant envers quiconque lui vient en aide. Ce moment reflète aussi bien le tempérament de bon vivant du sumotori qui éclate de rire et trouve normal de s’aider entre compatriotes.

D’ailleurs avant le combat de Dhalsim et Honda, on voit même Akuma (Gouki en VO) faire une petite apparition et il vend des fruits ! A l’origine, il s’agit du dernier boss caché du jeu vidéo Super Street Fighter II Turbo. Nous l’affrontons si nous n’avons connu aucune défaite avant de nous retrouver face à Bison. Il bat ce dernier et c’est ensuite à notre tour de tenter de vaincre Akuma !

Toutefois, l’un de mes combats favoris a lieu à Las Vegas.


En effet, c’est dans ce combat que Zangief le lutteur Russe affronte mon personnage favori du jeu : Blanka le Brésilien surnommé « La Bête ».
Blanka a totalement conservé le caractère bestial, sauvage et imprévisible qui faisait son sel dans le jeu original et chacun des deux combattants emploie certains de leurs coups spéciaux.

Zangief emploie contre Blanka le Spining Pile Driver, son attaque la plus dévastatrice qui, dans le jeu vidéo d’origine enlève presque la moitié de la barre d’énergie de son adversaire !

Néanmoins Blanka se s’en laisse pas compter et contre attaque immédiatement avec son Rolling Thunder (un roulé boulé) qui percute de plein fouet Zangief, puis il mord ce dernier…


avant de l’achever avec son légendaire coup de l’électricité !
Il s’agit de l’un des combats les plus spectaculaires et impressionnants du long métrage qui en met plein la vue et moi qui, en tant que fan inconditionnel de Blanka, me combla de joie tant il sait pleinement rendre la démesure du guerrier Amazonien ! 😀
Et c’est là aussi fidèle au jeu : Zangief frappe plus fort que Blanka, mais le Russe est très lent alors que le Brésilien est largement plus rapide et nettement plus mobile…

Peu de temps avant cela, Bison observa et espionna Chun Li via l’un de ses cyborgs espions et découvrit que la Chinoise intrépide avait percé à jour l’identité de l’un de ses autres cyborgs et le détruisit ce qui permit de faire prendre conscience à Dee Jay de l’existence réelle de ceux-ci.

Ne désirant aucunement que la jeune femme contrecarre ses plans machiavéliques, il ordonne à Vega son Ninja assassin de tuer celle-ci…

Après le passage de Las Vegas ayant donné lieu à la victoire de Blanka contre Zangief, nous enchainons avec l’une des scènes les plus célèbres et cultes du long métrage : le fameux passage iconique où Chun Li prend une douche dans son appartement et nous la voyons entièrement nue.



Une scène qui marqua fortement le public de l’époque car c’était la première fois dans une adaptation cinématographique officielle d’un jeu vidéo que l’on voyait une héroïne complètement nue, c’était alors du jamais vu. Une scène absolument sublime et inoubliable qui reflète par ailleurs à la perfection la magnificence de Chun Li…
Néanmoins, cette scène érotique a également son utilité au sein de l’intrigue car elle reflète « le calme avant la tempête », Vega s’introduisant à l’intérieur de son appartement, attendant le moment opportun pour abattre sa victime.

Gisaburo Sugii s’est par ailleurs très certainement inspiré de la scène de douche de Marion Crane, l’héroïne du film Psychose réalisé par le légendaire metteur en scène Alfred Hitchcock où Marion Crane se détend en prenant une douche, ne se doutant de rien…

avant d’être violemment assassinée par Norman Bates, ce dernier l’ayant attaqué au moment où elle s’y attendait le moins.





Cependant, contrairement à Marion, Chun Li contre attaque et résiste vaillamment contre Vega, même si elle a été au préalable effrayée par son attaque surprise.

Ce moment clé est par ailleurs l’un des sommets du film : Vega s’en est pris au moment où Chun Li était la plus vulnérable et quand elle s’y attendait le moins et devient à ce moment là un véritable « slasher movie » faisant écho à des films majeurs comme Halloween la nuit des Masques de John Carpenter, car comme le tueur Michael Myers qui traqua sans relâche Laurie Strode (interprétée par Jamie Lee Curtis) Vega ne laisse aucun répit à Chun Li qu’il considère comme « sa proie ».

Le combat opposant Chun Li à Vega est de très loin le plus dur et le plus éprouvant du récit car Vega est impitoyable et ses coups de griffe inflige de très graves blessures à Chun Li qui souffre l’enfer…


Quand notre héroïne voit son propre sang, si elle prend momentanément peur et prend conscience qu’elle risque de mourir au terme de son duel, loin d’être paralysée par la terreur, cela la galvanise et renforce sa détermination à triompher de son ennemi !




Si ce combat est l’un des plus aboutis, c’est qu’il est viscéral, dur, intense et poignant car on frémit pour Chun Li et on espère de tout coeur qu’elle va s’en sortir.



Enfin, elle finit par terrasser son ennemi en ayant recours à son Lighting Kick où elle donne de multiples coups de pieds à celui-ci et le projette hors de son appartement en le faisant passer à travers le mur, laissant par conséquent un trou béant ! Une victoire chèrement gagnée pour elle !

Par ailleurs Guile en ayant voulu téléphoner à Chun Li a entendu les coups de la bagarre l’ayant opposé au Ninja Espagnol et il a accouru de toute urgence pour venir à son secours. Et c’est là qu’on est éloigné des clichés Hollywoodiens habituels : alors que dans trop de blockbusters, les compagnes des héros sont réduites à des jouvencelles en détresse devant attendre que l’élu de leur coeur viennent leur venir en aide, Chun Li, à contrario, a vaincu son ennemi, sans l’aide de personne, ce qui est particulièrement rafraîchissant et sort des clichés habituels ! Le GI Américain ayant juste été témoin de la victoire de Chun Li.

Cependant son intervention se sera avéré être utile et providentielle, car il a pu l’amener d’urgence à l’hôpital afin qu’elle se fasse soigner. Le soldat Américain réalise alors qu’il doit continuer sa traque de Bison sans l’aide de sa partenaire qui doit se rétablir de ses blessures…

Du côté de Ken, la situation est grave : non seulement Bison a retrouvé sa trace, mais il le capture, le bat et a pour objectif de laver le cerveau de ce dernier afin qu’il affronte son ami de toujours Ryu et forcer ce dernier à rejoindre les forces de Shadow Law…

Guile est frustré de ne pas avoir pu sauver Ken à temps, n’ayant retrouvé que la Porsche du jeune Américain. Cependant, lui, Interpol et l’armée Américaine ont retrouvé la trace de Ryu avant Bison et le GI a bien l’intention de tirer cette situation à son avantage afin de secourir le karatéka et tendre un traquenard à son ennemi juré…



On enchaine ensuite avec Ryu escaladant une montagne et se remémorant sa jeunesse et nous apprenons un détail intéressant : lors de ses entrainements avec Ken, celui-ci l’a malencontreusement blessé à la tête. Pour se faire pardonner, Ken a mis son bandana rouge autour de sa tête afin d’arrêter l’hémorragie. Depuis lors notre héros ne s’en est plus jamais séparé. Un flash back qui reflète bien l’amitié indéfectible unissant les deux valeureux combattants…

On découvre par ailleurs que Ryu vit en compagnie de Honda qui à présent concocte leurs repas respectifs. Guile vient ensuite à leur rencontre et les avertir de la menace de Bison planant sur eux et leur annonce que Ken a été capturé ce qui fait sortir Ryu de ses gonds, horrifié que son meilleur ami soit aux mains de ce psychopathe…

Malheureusement, le seigneur de Shadow Law vient à leur rencontre, explique qu’il a fait de Ken sa « marionnette » qui lui obéit au doigt et à l’oeil.

Ce qui s’ensuit est déchirant pour Ryu, il ne peut se résoudre à combattre Ken qui est sous l’emprise de ce fou et qui n’est pas maître de ses actes…

Bison lui nargue Guile mais celui-ci est bien déterminé à le vaincre.

Quant à Honda, il devra combattre Balrog le boxeur un des hommes de main les plus coriaces de Bison !
Il est par ailleurs regrettable que ce combat entre les deux colosses ait été si expéditif, mais on se doute que c’était pour laisser plus de place à la lutte finale contre Bison…


Il est également dommage que Guile ait été si facilement battu par son némésis, son Sonic Boom étant parvenu à peine à déchirer la cape de ce dernier, ce fut l’unique véritable combat pour lui et qui ne fut pas très glorieux pour le GI…
Comme on pouvait s’en douter, Ken parviendra fort heureusement à échapper à l’hypnose de son ravisseur au prix d’énormes efforts sur lui même.

Et, fort heureusement, le combat final est absolument sensationnel et grandiose : Ryu et Ken joignent leurs forces en commun afin de tenter de vaincre Bison qui est un véritable monstre de puissance, étant donné qu’il est aussi fort que rapide et résistant.




Il s’agit là d’un affrontement d’une intensité exceptionnelle : pour la première fois de sa vie, Bison se fait frapper et il fait face à des adversaires dont la force et la vitesse n’ont d’égales que leur détermination et leur persévérance sans failles. Notre tandem d’ailleurs emploieront l’ensemble de leurs coups normaux et leurs coups spéciaux (Shoryu Ken, Hadoken, Hurricane Kick) pour essayer de battre une fois pour toutes ce monstre. Un combat phénoménal qui se conclut par ailleurs en apothéose.


Peu après la défaite de Bison, le cartel de Shadow Law est démantelé et leur base anéantie. Quant à Chun Li, nous avons l’immense joie de voir qu’elle a guéri de ses blessures et après avoir fait une farce à Guile, elle le remercie de tout son coeur d’avoir réussi à mettre un terme aux folles ambitions de Bison. Une scène à la fois drôle et attendrissante montrant la complicité entre Chun Li et Guile qui se sont rapprochés au cours de l’histoire…



Ryu et Ken quant à eux se disent au revoir : Ken reprend le cours de sa vie et va couler des jours heureux auprès de sa bien aimée Eliza, tandis que Ryu reprend son périple solitaire, en quête de nouveaux adversaires qui le pousseront à se surpasser…

Bien qu’une surprise de taille l’attende au cours de son trajet.
C’est ainsi que se conclut Street Fighter II Movie.
Que dire ? Et bien qu’il s’agit d’un véritable chef d’oeuvre du genre qui n’a nullement usurpé son statut culte. 😀
Le character design de Shuko Murase est visuellement magnifique, la mise en scène de Gisaburo Sugii est virtuose, l’animation est d’une fluidité prodigieuse et qui n’a pas pris une seule ride et qui pourrait en remontrer à bien des films d’animation actuels.
De plus si ce long métrage d’animation est indispensable pour les fans du jeu vidéo Street Fighter II , il est également parfaitement abordable pour des spectateurs et spectatrices néophytes n’ayant jamais joué au jeu vidéo original c’est tout de même un excellent film d’action, l’un des tout meilleurs de la décennie des années 90 ainsi qu’un divertissement de haute volée. 😀

Anecdote amusante : dans le carton du générique de fin Japonais original, on peut voir un message annonçant fièrement la sortie prochaine au Japon du film live Street Fighter réalisé par Steven de Souza et qui cita Jean-Claude Van Damme dans le rôle de Guile et le grand et regretté Raul Julia dans le rôle de Bison…
Je ne vais pas toutefois m’appesantir sur le long métrage live de 1994, ne l’ayant pas aimé. Mais c’est une coïncidence cocasse que le film live et le film d’animation soient sortis la même année 🙂 .

Quoi qu’il en soit, le film d’animation Street Fighter II est mes yeux un véritable monument et fait partie de mon panthéon de mes adaptations cinématographiques de jeux vidéos favorites avec Silent Hill, la trilogie Sonic (qui sera bientôt une tétralogie), le film d’animation Fatal Fury , Super Mario Bros le film, Super Mario Galaxy et Tetris. 😀
Il a par ailleurs bénéficié d’un excellent doublage et d’une adaptation française soignée.

Guy Chappelier (voix française de Scott Bakula) est remarquable dans le rôle de Ryu et via son jeu insuffle un grand charisme à notre héros et reflète à travers son jeu le tempérament taciturne et perfectionniste de celui-ci mais aussi sa sensibilité.

Philippe Vincent (voix française de Kevin Bacon et Josh Brolin) est absolument excellent dans le rôle de Ken, il fait ressortir à merveille à travers son jeu l’assurance du meilleur ami et rival de notre héros.

Sybille Tureau (Fifi la Mouffette dans les Tiny Toons , Nala dans Le Roi Lion, Asuza Fuyutsuki dans GTO ) est magnifique dans le rôle de Chun Li. Non seulement sa voix cristalline et divinement belle sied à merveille à l’héroïque Chinoise mais elle exprime à travers son jeu avec brio la sensibilité, le sérieux, l’humour et la détermination de notre héroïne. Elle double également Cammy White mais sait prendre une voix distincte de Chun Li quand les deux s’adressent la parole lors de leur unique discussion dans le film.

Le regretté Pascal Renwick (voix française de Laurence Fishburne dans la trilogie Matrix) est tout à fait remarquable dans le rôle de Guile. Si il excelle dans les moments colériques du GI, il est tout aussi brillant dans les passages où celui-ci fait preuve de bien plus de douceur. Par ailleurs, il ne cabotine jamais et l’interprète avec sérieux et conviction.

Michel Vigné lui est tout bonnement magistral sur Bison. Sa voix grave correspond parfaitement bien à la stature colossale du leader de Shadow Law mais en plus il l’interprète avec beaucoup d’énergie et lui insuffle un certain humour noir le rendant haut en couleurs. Ses rires démoniaques sont tout bonnement géniaux !

Enfin le grand Patrick Borg (voix française de David Boreanaz, Son Gokû dans Dragon Ball Z , Ryôga/Roland dans la série animée originale et les deux premiers films d’animation de Ranma 1/2 ) est impérial dans le rôle de Vega l’assassin Espagnol qu’il sait rendre véritablement effrayant. Il double également Dee Jay et a bien cerné le caractère cool et le sens de l’humour du Jamaïcain.
C’est également lui le directeur artistique de cette version française très réussie faisant honneur à ce long métrage majeur. Il a toujours soigné les doublages de films d’animation Japonais sortis chez l’éditeur Manga Vidéo tels que Cobra, le film et Les Ailes d’Honneamise , prouvant non seulement son professionnalisme et sa rigueur mais aussi son immense respect envers les équipes des films originaux et le public…
On pourra toutefois regretter l’anglicisme employé pour certaines attaques dans l’adaptation française, le Sho Ryu Ken devenant le « Dragon Punch », toutefois, rien de bien méchant et qui n’altère aucunement notre plaisir de visionnage. Les dialogues par ailleurs sont naturels et évitent de sombrer dans les affres de la caricature.

La version originale Japonaise n’est pas en reste : Miki Fujitani (Kaoru Kamiya dans la série animée originale, les OAVs et les films d’animation de Kenshin le Vagabond ) est fantastique dans le rôle de Chun Li, sa voix splendide correspond à merveille au personnage et elle l’interprète avec maestria.

Kaneto Shiozawa (Mû Chevalier d’Or du Bélier dans Saint Seiya/Les Chevaliers du Zodiaque, Rei dans Hokuto no Ken, Goemon Ishikawa dans Lupin III le Complot du Clan Fuma ) est fabuleux dans le rôle de Vega, sachant rendre glaçant et diablement sinistre ce tueur narcissique.

Anecdote par ailleurs intéressante au sujet du doublage Américain : Fei Long est doublé par le talentueux Bryan Cranston, mondialement connu pour son interprétation de Walter White alias Eisenberg, l’anti héros de la série Breaking Bad !

Au sujet de ma découverte du film, c’est grâce à ma soeur bien aimée que je l’ai vu pour la première fois : elle m’a offert la VHS de Manga Vidéo pour Noël 1996. C’est ainsi que nous le vîmes pour la première fois et il nous enthousiasma au plus haut point et nous l’avons revu à plusieurs reprises sans nous lasser ! 😀
Je lui suis très reconnaissant pour ce formidable cadeau qu’elle m’a fait ! ^_^

Puis, ma cassette étant vieillissante, j’ai racheté le film en 2005 via son édition DVD de Manga Vidéo. Si l’image est de piètre facture et digne d’une VHS, il avait au moins pour atout de nous faire découvrir la version originale Japonaise sous titrée en français ainsi que les très belles musiques et chansons Japonaises (la version française comme la version américaine ayant été remplacées par des musiques Hard Rock par des artistes comme Alice in Chain qui étaient toutefois plaisantes et donnaient un certain punch au film).

Enfin, j’ai racheté le long métrage via l’édition Blu-Ray de Kazé qui est l’édition ULTIME de ce chef d’oeuvre : une image HD magnifique redonnant une seconde jeunesse à ce grand classique, un son impeccable et le film est enfin proposé en version intégrale non censurée (la scène de douche de Chun Li ayant été « un peu » coupée dans les éditions physiques françaises antérieures).
C’est CETTE édition là que je vous recommande fortement si vous voulez découvrir, ou redécouvrir ce joyau.
A l’instar du jeu vidéo original Street Fighter II qui fait partie de mes jeux vidéos phares, son adaptation animée cinématographique est tout aussi culte à mes yeux.

Un monument que je garde précieusement et qui aura toujours une place très chère à mon coeur… 🙂

Cette chronique est dédiée à ma soeur bien aimée et au talentueux comédien et directeur artistique Patrick Borg.
