Sonic : dans les griffes de Robotnik
Sonic Adventures : Dans les griffes de Robotnik
Scénario : Smoldo
Dessins : Monsieur B
Couleurs : Bruno Wesel

Le docteur Ivo Robotnik exulte de joie : après d’âpres recherches, il est enfin parvenu à capturer son ennemi juré Sonic le hérisson qui était à Marble Garden (le troisième niveau du jeu Sonic the Hedgehog 3 sur Megadrive). et en plus de cela il est parvenu à s’emparer de l’ensemble des émeraudes du chaos qui lui permettront d’assouvir sa soif de pouvoir et de conquérir l’ensemble de la planète Mobius !

Néanmoins, en dépit du fait qu’il soit entre les mains du terrible savant fou, Sonic ne perd nullement son sang froid et rappelle à son ennemi héréditaire qu’il fut jadis son ami ainsi qu’un scientifique bienveillant, gentil et généreux du nom de Ovi Kintobor… ce qui ne manque pas de faire sortir de ses gonds Robotnik qui interdit formellement au hérisson bleu de lui rappeler l’homme qu’il était jadis !

Toutefois, le machiavélique scientifique a tôt fait d’oublier sa colère passagère, celui-ci se réjouissant d’avoir mis le grappin sur les émeraudes qu’il convoitait depuis tant de temps…

Sonic profite de ce moment d’inattention de son ennemi pour se libérer de ses chaînes, frapper son pire ennemi, qui, par inadvertance, lâche malencontreusement les émeraudes !

Sonic tombe alors du vaisseau de son némésis de même que les fameuses émeraudes du chaos…

Heureusement pour notre valeureux hérisson, il pourra compter sur l’aide providentielle de son meilleur ami Tails le renard qui lui sauve la vie in extremis !

Tous deux se retrouvent sur une région inconnue de la planète Mobius et font la connaissance du peuple échidné qui a vécu jusque là isolé du reste du monde…

Cependant ceux-ci ne s’avèrent guère être amicaux et s’en prennent à eux ! Notre tandem décide dès lors de contre attaquer et ne se laissent pas faire !

Parviendront-ils à sympathiser avec les autochtones et à échapper aux griffes de l’infâme Robotnik ?

En 1994, Sonic était à l’apogée de sa popularité, tant aux États Unis qu’en Europe (pas au Japon cependant où il ne fut pas très prisé). Depuis sa création en 1991 et ses premiers pas sur Megadrive, Master System et Game Gear, il avait suscité un engouement extraordinaire auprès de nombreux joueurs et Sega était enfin parvenu à créer un héros qui rivalisait en notoriété avec Mario , mascotte de Nintendo rivale de Sega. Le céruléen hérisson avait réussi à tenir tête au plombier moustachu, là où d’autres personnages emblématiques de Sega n’y étaient pas parvenus tels que Alex Kidd et Wonder Boy.


Désirant capitaliser sur l’immense succès de sa mascotte, Sega décida (entre autres) de publier plusieurs bandes dessinées axées sur le personnage : les comics Britanniques de Fleetway, les comics Américains de Archie (adaptant les séries animées Les Aventures de Sonic ainsi que Sonic et Sally )… et la BD française qui nous intéresse ici, en l’occurrence Sonic Adventures : dans les griffes de Robotnik constituée d’un album.

Cet album est sorti aux éditions La Sirène en octobre 1994 afin de coïncider avec la sortie nationale du jeu vidéo Sonic and Knuckles sur Sega Megadrive.
J’étais toutefois passé à côté de la sortie de cette bande dessinée française de Sonic, j’ai heureusement pu l’acheter d’occasion en 2025… Et je l’ai beaucoup aimé ! 🙂
Le dessin de Mister B est très expressif quant à l’histoire écrite par Smoldo, elle est dynamique et menée tambour battant sans pour autant donner la sensation d’être trop frénétique ou hystérique.

Les caractères des personnages sont globalement respectés : Sonic demeure ce héros fonceur et impétueux, doté d’un sens de l’humour caustique et iconoclaste très savoureux dont il nous gratifie souvent pour susciter la fureur du docteur Robotnik.

Tails quant à lui est toujours le meilleur ami de notre héros et lui fournit une aide prépondérante au cours de l’aventure en le sauvant souvent des griffes de la mort en l’agrippant et en volant dans les airs ce qui est très fidèle aux jeux vidéos originaux.
Il n’a pas encore le génie scientifique pour lequel on le connait si bien aujourd’hui (entre autres) mais sa loyauté envers Sonic demeure indéfectible.
Il est en revanche assez surprenant de voir Tails s’exprimer avec un défaut de prononciation ! 😯
C’est pour le moins déconcertant, moi qui ait l’habitude d’entendre parler notre renardeau préféré dans un français ou un anglais exemplaire, c’est assez déroutant !


Agréable surprise au sujet de Amy Rose, la bien aimée de Sonic : elle est de loin de la jouvencelle en détresse éplorée, et, même si elle se fait capturer par Robotnik, elle ne se laisse aucunement intimider ou effrayer par le savant fou, elle lui tient tête et n’hésite pas à lui dire ses quatre vérités et a une confiance absolue envers son bien aimé.

Au sujet de Robotnik son design est à mi-chemin entre celui des jeux vidéos originaux et celui de la série animée humoristique Les Aventures de Sonic.

En revanche, il n’est nullement dépeint comme un bouffon grand guignolesque contrairement à la série animée « cartoon » : au contraire il se comporte comme un être cruel, machiavélique, sans pitié et vouant une haine sans bornes envers Sonic.

On le voit prêt à parcourir dans les moindres recoins la planète pour retrouver la trace de son plus grand ennemi afin de le réduire à néant.


On retrouve également plusieurs badniks tirés du jeu vidéo Sonic the Hedgehog 3 tels que les Rhinobots ou encore les Jawz.

Mais je pense que l’élément le plus attrayant dans cette bande dessinée est la place accordé au peuple échidné.
En effet, cette bande dessinée française est la première à accorder une place de choix aux compatriotes de Knuckles, et ce, bien avant le run du scénariste Ken Penders sur les comics Archie ou bien le jeu vidéo Sonic Adventure sorti sur Dreamcast en 1998 qui nous a apporté des informations sur les ancêtres du guerrier échidné.

En effet nous faisons la connaissance de Aluçion, une princesse échidné dirigeant son peuple et nous avons un aperçu de leur dynastie de l’architecture de leur maisons ainsi que de leurs pyramides.


C’est particulièrement intéressant et je me demande si Yuji Naka le co-créateur de Sonic n’aurait pas été en partie influencé par cette BD afin de développer le passé du peuple de Knuckles. En revanche, il est vrai que Tikal (personnage majeur de Sonic Adventure ) est beaucoup plus douce et moins autoritaire que Aluçion.
Chronologiquement, on peut dire que cette aventure de Sonic a lieu après le jeu vidéo Sonic 3 and Knuckles , en raison du fait que notre héros fait allusion à des lieux dans lesquels il connut des aventures trépidantes comme Hydrocity Zone ou encore Marble Garden Zone. On sera toutefois étonné que Sonic et Tails n’aient jamais évoqué Knuckles au cours de ce récit.
Il faut savoir également que cette bande dessinée française se base sur la bande dessinée américaine Sonic the Hedgehog écrite et illustrée par Francis Mao sortie en 1991 où nous y apprenions que Kintobor en soumettant Sonic à une expérience est devenue bleu au terme de celle-ci et que c’est plus tard suite à un terrible accident avec les émeraudes que le gentil Kintobor est devenu l’ignoble Robotnik. Mais avant le basculement du côté obscur de Kintobor, lui et Sonic étaient bons amis. Ce comic book avait par ailleurs été traduite en français dans les quatre premiers numéros du journal de consoles de jeux vidéos Console + .



Ses origines ont également été reprises dans le série de comics Fleetway.
Néanmoins pour Sega Japan, il n’en est rien : Sonic a toujours été bleu et extrêmement rapide depuis sa naissance et Ivo Robotnik (alias Eggman) a toujours été un savant fou sans scrupules, cruel et mégalomane.
Au sujet du dénouement de la BD Sonic : dans les Griffes de Robotnik, il est assez ouvert et laissait augurer de nouvelles aventures pour nos héros qui hélas ne verront jamais le jour, du moins en bande dessinée française..
Vu la popularité et le succès qu’avait Sonic en 1994 auprès du public français, il est réellement surprenant que d’autres albums de bandes dessinées françaises du personnage n’aient pas pu se concrétiser.
C’est d’autant plus étonnant qu’à côté de cela, les comics Archie ont compté plus de 300 numéros (en incluant les hors séries) aux États Unis publiés de 1993 à 2016, que les comics Fleetway ont eu plus de 200 numéros de 1993 à 2002 et que la série IDW du hérisson bleu comptant à présent plus 80 numéros est le titre le plus vendu de l’éditeur aux USA avec Les Tortues Ninja.
En bref cet album Sonic : dans les Griffes de Robotnik s’est avéré être une lecture très plaisante, je n’ai pas regretté mon achat 🙂 .
Il est certain qu’il m’aurait tout autant enthousiasmé si je l’avais acheté à l’époque !
Si jamais vous le trouvez d’occasion, je vous le recommande ! 😀
