Marsupilami
Scénario : Philippe Lacheau, Pierre Lacheau, Julien Arruti, Pierre Dudan
Musiques : Michaël Tordjman, Maxime Desprez
Réalisation : Philippe Lacheau
D’après l’oeuvre de André Franquin.

David Ticoule est un employé d’un zoo, qui, suite à une énorme gaffe a malencontreusement fait sortir de nombreux animaux de leur cage qui ont semé la destruction et la terreur à travers toute la ville !

Jeffrey Malone le patron du zoo est très mécontent, pour ne pas dire furieux et a décidé de jeter David en pâture aux hyènes. Il implore son patron de lui laisser la vie sauve et Jeffrey se ravise : il doit lui ramener un paquet d’Amérique du Sud à bord d’un bateau de croisière en compagnie de son ex femme et de son fils.
Malone lui dit que si il réussit cette mission, il lui laissera la vie sauve mais il lui ordonne de ne pas ouvrir le paquet.


David embarque donc à bord de ce yacht en compagnie de son ex épouse Tess et de leur fils Léo ainsi que Stéphane Buisson un de ses collègues un peu benêt et maladroit et de Ricky Salsa, un chanteur has been qui caresse l’espoir de renouer avec la gloire et le succès.

Ils sont cependant suivis à la trace par un certain Pablito qui convoite le fameux paquet.

Tout se complique dès lors qu’il s’avère que le paquet contient un bébé Marsupilami qui mettra beaucoup d’animation lors de ce voyage tumultueux !


Marsupilami est donc non seulement la deuxième adaptation cinématographique du génial animal bondissant sorti de l’imagination fertile de l’immense André Franquin.

Le Marsupilami fit sa toute première apparition dans l’album Spirou et les Héritiers écrit et illustré par André Franquin publié en 1952. Spirou et Fantasio le rencontrèrent dans la forêt de la Palombie puis l’adoptèrent, il devint leur second animal de compagnie après Spip l’écureuil.

Le Marsupilami a rapidement conquis le lectorat du journal Spirou, les fans s’étant immédiatement attaché à l’extraordinaire animal.

Il faut dire que ce cher Marsupilami avait tout pour lui : il avait une bonne bouille, était jovial, drôle, extrêmement intelligent, astucieux, amphibie et doté d’une force titanesque.

Franquin a par la suite réalisé une histoire majeure en 1956 : Le Nid des Marsupilamis où Seccotine, une amie et rivale de Spirou et Fantasio observa une famille Marsupilami dans son milieu naturel. ce récit nous en appris énormément sur les moeurs et le mode de vie des Marsupilamis et nous découvrions avec stupeur que ceux-ci sont ovipares mais qu’ils sont également des mammifères !
Il s’agit de l’un des tout meilleurs albums du run de Franquin sur le groom de Rob Vel et c’est un bijou d’émotion et de poésie digne des meilleurs documentaires animaliers de National Geographic ! 😀

Franquin abandonna ensuite la série Spirou en 1969 après son ultime album Panade à Champignac et la céda au dessinateur Fournier mais il conserva les droits du Marsupilami… Au grand dam de Fournier qui se demanda comment il alla faire, le Marsupilami étant immensément populaire auprès des fans.

André Franquin accepta toutefois de bonne grâce de dessiner le Marsupilami dans le récit Le Faiseur d’Or, le premier album de Spirou par Fournier.
L’auteur du génial Marsupial publia quelques histoires courtes du personnage dans Spirou…

Mais Franquin le relança véritablement via la série en bande dessinée Marsupilami publiée à partir de 1987. Le premier album intitulé La Queue du Marsupilami écrit par Greg, illustré par Batem et supervisé par Franquin remporta un succès triomphal, critique comme public. Franquin en profita pour rajouter d’autres personnages qu’il avait crée dans les années 60 et 70 tels que Bring McBackalive le chasseur qui devint l’ennemi juré de notre animal génial ou encore Noé, un homme aimant les animaux de tout son coeur qui avait été introduit dans Bravo les Brothers , avant dernière histoire de Spirou écrite et dessinée par lui.
La série dorénavant composée de plus d’une vingtaine d’albums et toujours dessinée par Batem se poursuit encore de nos jours à l’aube de son quarantième anniversaire…

Pour en revenir au dernier long métrage en date de Philippe Lacheau, il est également la deuxième adaptation cinématographique de celui-ci d’un classique du 9e art après Nicky Larson et le parfum de Cupidon magistrale adaptation cinématographique de City Hunter le chef d’oeuvre de Tsukasa Hôjô et monument du manga.
Cependant, si ce dernier s’avéra être une grande réussite en plus d’être une adaptation respectueuse de l’oeuvre originale (par ailleurs adoubé par Tsukasa Hôjô en personne !), il n’avait pas remporté le succès escompté, seul 1,6 million de spectateurs l’ont vu dans les salles.
Fort heureusement, son nouveau film axé sur le Marsupilami a largement mieux marché : il a fait plus de 6 millions d’entrées et est devenu à ce jour le plus grand succès de Philippe Lacheau au cinéma ! 😀


Au sujet du film en lui même, bien que Jamel ait repris le rôle de Pablito qu’il avait déjà interprété dans le film de Alain Chabat Sur la Piste du Marsupilami, ce nouveau long métrage n’est pas à proprement parler une suite, bien que Pablito serve de « lien » entre les deux long métrages.
En raison du fait qu’il s’agisse d’un film familial, Philippe Lacheau a un peu atténué son humour grivois et trash, bien qu’il subsiste quelque peu, sans toutefois que les gags s’avèrent trop graveleux pour le jeune public.

Le film est mené tambour battant et regorge de situations rocambolesques, de moments absurdes et délirants et les nombreuses scènes comiques sont aussi exubérantes qu’hilarantes et frappadingues ! 😆
J’ai été particulièrement hilare face à plusieurs scènes totalement loufoques telles que SPOILER
Stéphane qui emploie sa canne à pêche pour attraper un piranha afin de nourrir le bébé Marsupilami et pêche par mégarde un bébé qui se retrouve ensuite dans l’aquarium avec des piranhas qui lui mordent sa couche culotte ! 😆 Ou encore un douanier machiavélique et cupide qui boit par mégarde de l’ADN de Paresseux et qui bouge à la vitesse d’une limace ! 😆
FIN SPOILER

Philippe Lacheau fait aussi quelques savoureuses références à des classiques célèbres du 7e art comme Titanic, Jurassic Park, E.T, Le Grand Bleu ou même des manga et de l’animation japonaise tels que Dragon Ball donnant lieu à des gags cocasses ô combien désopilants !

Le bébé Marsupilami est une franche réussite, tant il est mignon et expressif et il est essentiellement réalisé en animatronique comme Gizmo dans les films Gremlins de Joe Dante le rendant par conséquent crédible et tangible.

Il y a des images de synthèses mais elles sont employées avec parcimonie et uniquement lors des scènes d’action.


Je saluerai aussi le talent du jeune Corentin Guillot qui interprète Léo le fils de Tess et David qui s’est beaucoup impliqué dans son rôle et qui rend Léo sympathique et attachant et son amitié avec le bébé Marsu est attendrissante…

Le film est une adaptation assez libre de l’oeuvre de Franquin, mais on y retrouve certains éléments phares comme le fait que les Marsupilamis sont ovipares, qu’ils sont dotés d’une force herculéenne et sont friands de piranhas.


En bref, Marsupilami est une adaptation cinématographique libre mais néanmoins réussie d’un classique de la bande dessinée et surtout une excellente comédie drôle, enlevée et parfois touchante…

Je l’ai vu deux fois au cinéma, une fois avec un ami et une fois avec ma soeur.
Je vous le conseille si vous êtes friands de l’humour de la Bande à Fifi et que vous aimez le Marsupilami ! 😀
Marsupilami est disponible en DVD et Blu-Ray chez l’éditeur Pathé Vidéo et en dématérialisée à la location et à l’achat sur Itunes.

Cette chronique est dédiée à ma soeur ainsi qu’à mes amis Romain et Indianagilles.
