Wakfu saison 1
Wakfu
Scénario : Anthony ‘Tot » Roux, Benjamin Pascal, Olivier Vannelle
Character Designer : Xavier Housssin
Musiques : Guillaume Houze, Laurent Juillet
Réalisation : Anthony « Tot » Roux
Année de production : 2008 (toujours en cours de production à l’heure actuelle)

Un vieil homme prénommé Grougaloragran transporte un mystérieux bébé dans un landau.

Il se fait toutefois attaquer par un individu du nom de Nox et par ses sbires car il convoite le pouvoir dont dispose Grougaloragran et le nourrisson car tous deux sont constitués d’énormément de Wakfu (l’énergie primordiale créatrice du monde) dont il veut se servir pour assouvir son dessein ambitieux…

Grougaloragran (qui est en fait un dragon ayant opté pour une apparence humaine) a toutefois tôt fait de vaincre Nox et ses complices et reprend sa quête. Nox bien que grièvement blessé est bien déterminé à remettre un jour la main sur ce nourrisson ainsi que le dragon pour concrétiser son rêve…

Le lendemain, Grougaloragran observe de loin deux chasseurs de prime Alibert et Ruel qui ont capturé Jason, un pauvre homme qui avait volé une pomme pour subvenir aux besoins de sa famille… Alibert n’en croit pas un mot… Jusqu’à ce qu’il voit une petite fille, éplorée de voir son père menotté. Alibert peiné par la tristesse de l’enfant, délivre Jason et lui somme de partir avant qu’il ne change d’avis, permettant à ce dernier d’être réuni auprès de sa fille .

Il n’a à présent plus le coeur à exercer son métier de chasseur de prime.


Se rendant compte de la pureté et de la grandeur d’âme de l’ex chasseur de primes, Grougaloragran confie le bébé à Alibert. Afin d’éviter de se montrer, le dragon a écrit un message magique à l’attention de Alibert qu’il a inscrit sur une plume de Az (un bébé Tofu ressemblant à un canari resté auprès du bébé).
Il accepte d’adopter l’enfant et lui donnera le nom de Yugo.

Il s’est plus tard reconverti en aubergiste et son restaurant jouit d’une très forte popularité auprès des villageois ! Son meilleur ami Ruel vient lui rendre visite de temps en temps afin de s’enquérir de ses nouvelles et pour savourer ses plats truculents, même si il a la mauvaise habitude de ne pas régler ses ardoises !
Cependant, Yugo a l’âge de 12 ans découvre qu’il a des pouvoirs hors du commun lui permettant de créer des vortex qui sont des pouvoirs de téléportation !

Voilà, je voudrais vous faire part d’un gros coup de coeur pour une série d’animation française qui a fait actuellement un carton en France: Wakfu.
Il s’agit de la première série d’animation du studio Ankama jusque là spécialisée dans le domaine des jeux vidéos.

La série animée est une suite du jeu vidéo « Dofus » se déroulant mille ans plus tard, heureusement elle est accessible aux néophytes (ce qui est mon cas, n’ayant jamais joué aux jeux vidéo d’Ankama).
Au premier abord, l’histoire est assez classique: un dragon a l’apparence humaine a confié un bébé du nom de Yugo a Alibert, un chasseur de primes ayant pris sa retraite et qui deviendra désormais son père adoptif.
Yugo découvrira ensuite à l’âge de 12 ans qu’il a en fait été adopté et décidera de partir à travers le monde pour découvrir ses origines ainsi que sa famille.

Plusieurs personnes l’accompagneront au cours de son périple: il y a Ruel Stroud, un vieux énutrof qui est un chasseur de primes et aussi un ami de longue date de son père adoptif.

Il y a aussi Amalia, la princesse du peuple Sadida, elle est capable de contrôler les plantes et maîtrise le langage de la nature et peut parler aux arbres.

Elle est toujours accompagné par la belle Evangelyne, une guerrière Crâ (peuple qui ressemble aux Elfes) qui est sa garde du corps ainsi qu’une archer accomplie.

Enfin, il y a Tristepin, un chevalier Iop aussi courageux que téméraire.
Il a une épée vivante du nom de Rubilax qui est capable de parler, et, si le Iop n’y prend pas garde, Rubilax est aussi capable de prendre le contrôle mental de son propriétaire.

Globalement Wakfu m’a séduit dans tous les domaines.


Le character design est absolument magnifique, les personnages sont beaux et expressifs et les décors sont tout simplement somptueux, à ce titre, le pays natal d’Amalia est un émerveillement pour les yeux.

L’animation est un mélange entre animation traditionnelle, flash et 3D.
Au début, cela m’avait un peu surpris, mais le mélange fonctionne très bien et l’animation est excellente, très fluide et vivante.

Un des nombreux points forts du DA, c’est l’humour qui est irrésistible et très drôle.

Il y a des gags visuels très marrants, mais aussi des jeux de mots et des calembours cocasses et qui font toujours mouche.
Ce que j’ai apprécié aussi c’est que les personnages sont non seulement attachants, mais ils ne sont pas plus stéréotypés, ils ont une psychologie plus complexe qu’il n’y paraît et ne sont pas unidmensionnels.

Yugo, notre héros est un jeune garçon jovial, courageux et plein d’entrain.
Il a le coeur sur la main et est toujours prêt à aider des gens dans le besoin.

Il paraît avoir une personnalité assez classique, cependant, il évoluera énormément au cours de l’histoire et il mûrira.
C’est un personnage très sympathique, qui a un humour frais et qui est doté d’une bonne humeur communicative.

Ainsi Amalia est une princesse pourrie gâtée qui peut se montrer fréquemment très capricieuse et est très susceptible…

Cependant, au fil de l’histoire, elle montre des facettes de sa personnalité beaucoup plus sympathiques, et elle peut être aussi très gentille, douce, chaleureuse et attentionnée.
Il en va de même pour Evangelyne. Au début, elle est assez froide et distante et s’efforce de garder la tête sur les épaules.
Puis peu à peu, elle deviendra moins rigide et sera plus souple et détendue. Elle fait parfois preuve d’un humour sarcastique délectable.
C’est une jeune guerrière très forte qui manie habilement la magie de combat, mais elle peut être aussi très sensible, romantique et fleur bleue, elle est à la fois forte et fragile.


Ruel Stroud est le personnage qui me fait le plus rire: il est cabot, retors et incroyablement cupide et il est prêt à n’importe quoi pour avoir un « kama » (pièce d’or du monde de Wakfu).

Mais au fond, c’est un brave type qui tient à Yugo comme à son propre fils et qui ne laisse pas tomber ses amis.

Enfin Tristepin c’est la tête brûlée du groupe: il est impulsif, fonce toujours à la bataille et il est du genre à taper d’abord et à poser des questions après.

Son tempérament de fonceur causera de gros ennuis à ses amis, mais il lui arrivera aussi de leur sauver la vie à plusieurs reprises.
C’est un joyeux drille qui a toujours le mot pour rire. Il est assez stupide, toutefois, cela ne l’empêchera pas à un moment clé du récit à se remettre en question et à réfléchir à ce qu’il fera par la suite.

Il peut aussi avoir beaucoup de prestance lors de ses moments héroïques.

Par ailleurs, il se rapprochera beaucoup de Evangelyne au cours de leur épopée…

Le grand méchant de l’histoire, Nox, est un personnage rusé, calculateur, fourbe et totalement imprévisible. Néanmoins, il laisse aussi transparaître des facettes plus humaines de sa personnalité, et il y a certains moments ou il se montrait pathétique et touchant.
Ce qui est intéressant aussi dans Wakfu, c’est que non seulement le scénario est bien construit et très bien ficelé, mais il regorge aussi de références culturelles et cinématographiques assez savoureuses.
Il y a des clins d’oeil très réussis à des classiques du cinéma fantastique et de science fiction comme « Star Wars » « Le Seigneur des Anneaux », « King Kong » ou encore « Alien ».
Mais il y a aussi des références à l’animation japonaise.

Ainsi Vampyro fait fortement penser à Akira Fudô alias Devil Man (sous sa forme démoniaque) le célèbre héros de Go Nagaï (créateur de Goldorak).




Quant à la saga du Boufbowl (qui couvre 3 épisodes) est un hommage évident non seulement à Olive et Tom, en raison de l’extravagance des actions accomplies par les joueurs, mais aussi parce que Kris la Crasse, le chef de l’équipe adverse est interprété par Mathias Koslowski, très connu pour être justement la voix d’Olivier Atton.

Cette partie de l’histoire est aussi un hommage à Cobra, notamment la saga du Rug Ball (mélange de base ball et football américain), le boufbowl étant un sport très brutal (mais tout de même pas aussi violent que le Rug Ball!).

Quant a l’équipe adverse de Yugo, elle s’appelle les « Bouftons rouges », ce qui n’est pas sans rappeler l’équipe première des « Saxons Rouges », les redoutables adversaires que durent affronter Cobra et ses amis.


Enfin, le Boufbowl est le seul moment de la série animée ou l’on voit des images crayonnées fixes lors de moments critiques du récit, et qui est aussi un des effets de style de prédilection du réalisateur Osamu Dezaki et de son ami le character designer Akio Sugino (Cobra, Ashita no Joe, Très Cher Frère, Black Jack).
Heureusement, Wakfu ne se limite pas non plus à une avalanche de clins d’oeil et sait garder une identité qui lui est propre.

Les 13 premiers épisodes ont globalement une ambiance légère, drôle et pleine de fraîcheur, malgré certains moments tristes comme la fin du 2e épisode ou le 7e.
La majorité des épisodes de cette première partie sont indépendants (à part les deux premiers et la saga du Bouf Bowl) même s’il y a un fil directeur, en l’occurrence, la recherche de la famille de Yugo.


Dans les 13 épisodes suivants, de nombreuses révélations sur le passé de Yugo sont faites, permettant de faire grandement avancer l’intrigue générale, et, bien que l’humour soit toujours présent, il est bien plus en retrait, le ton du récit devenant plus sombre et dramatique.


Les trois derniers épisodes sont exceptionnels, ils vont très loin dans la noirceur et le souffle épique et les scènes d’action y sont sensationnelles.

Enfin, le dénouement est absolument magnifique, je dirais que c’est l’une des meilleures fins que j’ai vu pour une série d’animation, même si elle appelle à une suite.
« Wakfu » est à mon humble avis, l’une des meilleures séries animées françaises des années 2000.
Techniquement parlant, elle a été soignée dans les moindres détails, la réalisation est léchée et la mise en scène est prodigieusement efficace.
De plus, l’histoire est d’une très grande richesse et propose plusieurs niveaux de lecture, lui permettant de plaire à toutes les générations et de séduire toutes les tranches d’âge.
Les musiques sont également très belles et collent à l’action.
Enfin les comédien(ne)s livrent des prestations fabuleuses: il y a des guest stars prestigieuses doublant les personnages secondaires comme Richard Darbois, Pierre Hatet, Claire Guyot, William Coryn, Benoît Allemane…





Et tous les personnages principaux sont doublés par des comédien(ne)s brillant(e)s et extrêmement talentueux(ses).

J’ai personnellement un grand coup de coeur pour Geneviève Doang, vraiment exceptionnelle dans le rôle d’Evangelyne: elle sait donner beaucoup de charisme au personnage qu’elle interprète, elle est absolument hilarante dans les passages comiques et elle nous livre une performance réellement déchirante dans les passages plus tristes.

Fanny Bloc est également extraordinaire dans le rôle de Yugo à qui elle insuffle beaucoup de vie et d’énergie.

Patrick Béthune (voix française de Kiefer Sutherland alias Jack Bauer dans 24 heures Chrono) est extraordinaire dans le rôle de Ruel Stroud : il emploie une voix méconnaissable de vieillard déjanté qui sied à merveille à l’Enutrof cupide et il le rend irrésistiblement drôle mais aussi fondamentalement attachant via sa brillante interprétation.

Thomas Guitard qui interprète Tristepin (et qui est aussi le directeur artistique des comédiennes et comédiens) est plus que parfait dans le rôle du Iop intrépide et fait bien ressortir à travers son jeu le tempérament benêt de celui-ci, mais aussi sa grandeur d’âme, son courage et sa bienveillance. Et il le rend extraordinairement drôle dans les moments comiques de celui-ci.

Enfin Adeline Chetail est tout bonnement sensationnelle dans le rôle de la princesse Amalia : elle est parfaitement crédible, tant dans les passages où la princesse Sadida se montre colérique et irascible mais aussi dans les moments doux et intimistes où on perçoit à merveille à travers son jeu la douceur et la gentillesse de Amalia…
Toutes les voix sont très bien choisies et les comédien(ne)s interprètent avec brio et conviction leurs personnages.
Wakfu est une série d’aventures intelligente, drôle, épique passionnante et émouvante.
Si vous voulez un DA qui puisse vous faire rire, rêver, réfléchir et vous émouvoir, n’hésitez pas, et foncez sur Wakfu! 🙂
Je conseille cette série animée à toutes et à tous!
La série est sortie en plusieurs éditions DVDs. Pour la saison 1, vous avez le choix entre les deux coffrets light de la saison 1 qui contiennent tout de même des bonus intéressants comme les interviews des comédien(ne)s de doublage des héroïnes et des héros et l’épisode spécial de « Goultard » (le maitre de Tristepin) et l’édition collector qui contient les 26 épisodes de la première saison et elle a comme bonus l’épisode spécial « Noximilien l’horloger » (qui lève le voile sur le passé du personnage) et les épisodes mini Wakfu (ces bonus n’étaient pas présents dans les deux coffrets light).
Néanmoins « Mini Wakfu » et « Noximilien l’horloger » sont disponibles depuis 2025 légalement et gratuitement sur la chaine Youtube de Ankama.
Wakfu compte actuellement 4 saisons (une cinquième et dernière saison est actuellement en cours de production et devrait être diffusé en 2027 et 2028) trois OAVs, l’épisode sur Noximilien l’horloger ainsi que celui sur Ogrest la légende (disponible sur Youtube).
Vive Wakfu et longue vie au studio Ankama! 😀

Les images de cette chronique sont tirées du site français Otakia.com
http://www.otakia.com